Études de cas — Co-développement
Start small : respect, confiance, agilité et modestie
Études de cas — Co-développement
Air Liquide

Start small : respect, confiance, agilité et modestie

François Darchis

Membre du Comité exécutif du Groupe Air Liquide,

supervisant l’Innovation et le Développement

« Mon conseil : Faire en sorte d’établir une relation de confiance entre le CEO de la startup et le Groupe. »

La plupart des co-développements que nous avons croisés dans cette étude traitent de software. Air Liquide sort du lot avec ce cas *éminemment* physique. En quoi consiste ce partenariat ?

Air Liquide s’est associé à la startup américaine Solidia Technologies® pour fournir un nouvel équipement d’injection de dioxyde de carbone (CO2) permettant de produire du béton Solidia Concrete™. Spécialement conçu par Air Liquide en collaboration avec Solidia, cet équipement doit venir démontrer la faisabilité de la production industrielle de ce béton dont la technologie de rupture abaisse le temps de durcissement à moins de 24 heures et réduit la consommation d’eau. Tout en capturant de grandes quantités de CO2, la qualité du béton est nettement améliorée. En complément de l’approvisionnement de cet équipement, Air Liquide sera le fournisseur mondial de référence du dioxyde de carbone utilisé dans les procédés brevetés par Solidia. Grâce à ce partenariat technologique et innovant, nous ouvrons un nouveau marché pour l’utilisation du dioxyde de carbone dans le secteur du béton préfabriqué. LafargeHolcim, leader pour la production du ciment, a également décidé de bâtir un partenariat avec Solidia.

En dépit de la complexité liée à l’industrie, le temps moyen passé chez Air Liquide pour faire vivre un co-développement en partenariat est le même que pour la plupart des entreprises qui co-développent… des applications mobiles ! Pensez-vous qu’il existe des différences fondamentales entre les deux ?

A vrai dire, chez Air Liquide, nous faisons les deux. Nous nouons de nombreux partenariats avec des startups et avons investi dans 30 jeunes pousses depuis la création de notre structure de capital-risque en 2013. Au final, quelle que soit l’activité de la startup, nous essayons toujours de respecter les bonnes pratiques que nous avons apprises, à savoir :

Vous êtes également un investisseur plutôt dynamique. Comment faites-vous le lien entre vos activités de corporate venture capital et vos partenariats de co-développement avec les  startups ?

En effet, nous investissons dans les startups de façon minoritaire via notre structure de capital-risque et sommes amenés à suivre leurs augmentations de capital pour les accompagner dans leur développement. Chaque prise de participation est assortie d’un accord de partenariat business ou de R&D avec la startup. C’est une spécificité des investissements minoritaires d’Air Liquide dans les startups.

Quels challenges avez-vous dû surmonter pour mettre en place ces partenariats ? 

Le principal défi dans les partenariats de co-développement avec des startups, c’est la “scalabilité”, c‘est-à-dire le déploiement de l’innovation au sein du Groupe Air Liquide. Il est essentiel de maintenir le cap stratégique de la collaboration même si la startup « pivote ». Une fois le pilote réalisé, il faut conserver un accord clair et équilibré avec la startup et définir un modèle opératoire pérenne au sein d’Air Liquide avant de passer à l’industrialisation.

Pour y parvenir, nous avons identifié une bonne pratique : la mise en place d’équipes pluridisciplinaires impliquant, dès le début du projet de co-développement, les équipes Transformation numérique / IT / Métiers. Nous nous assurons ainsi que le déploiement à l’échelle repose sur un modèle opératoire fiable (en particulier en ce qui concerne les coûts et les ressources nécessaires).

Air Liquide a ainsi mis en place 5 Digital Fabs qui travaillent avec des startups selon cette approche, notamment sur le sujet de l’Usine connectée et sur l’enrichissement de l’Expérience client.

Quels conseils pourriez-vous donner à quelqu’un qui s’attaque à un chantier similaire ?

Respect, confiance, agilité et modestie (« smart small ») me semblent être les mots-clés pour un co-développement technologique réussi entre un grand groupe et une startup. Pour moi, ce type de partenariat s’appuie d’abord sur une relation humaine, une complémentarité d’expertises venant répondre à un besoin ou un usage client. Cela se traduit par un engagement de part et d’autre, dans le cadre d’une approche “gagnant-gagnant”, fondée sur le respect.

Par ailleurs, il faut impliquer toutes les parties prenantes dès le début du projet, avant même la signature du contrat. Par la suite, il est important de valoriser le PoC, de communiquer en interne, de donner à voir le projet pour le dupliquer et le déployer, et passer ainsi du PoC à l’industrialisation de l’innovation.  

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