Études de cas — Partenariats de distribution
Mobiliser, former et impliquer les collaborateurs : le tiercé gagnant d’un projet réussi
Études de cas — Partenariats de distribution
Unibail-Rodamco

Mobiliser, former et impliquer les collaborateurs : le tiercé gagnant d’un projet réussi

Jean Collet

Directeur d’UR Link,

l’accélérateur de startups d’Unibail – Rodamco

« Embarquez et sensibilisez le top management à vos problématiques (ce sont aussi les leurs !) »

Vous êtes rattaché à l’entité UR Link. De quoi s’agit-il ?

UR Link, c’est le nom de notre accélérateur de startups, fondé il y a 2 ans. Nous lançons actuellement notre 4ème saison et avons déjà permis l’accélération de 19 startups. Chaque processus d’accélération dure environ 4 mois. Chez Unibail-Rodamco, le département Innovation existe depuis 2012. Il était historiquement localisé en dehors du siège social du Groupe, mais il y a 2 ans la décision a été prise de le réintégrer dans le siège de l’entreprise : c’est un facteur d’optimisation de notre travail avec les BU et d’amélioration de nos liens opérationnels.

Dans les grandes entreprises, un certain scepticisme accompagne souvent les accélérateurs distincts des BU. Comment le surmontez-vous ?

Chez UR Link, l’innovation n’est pas monopolisée par un groupe de travail isolé. Nous travaillons dans un dialogue constant avec les directeurs des BU. Nous choisissons ainsi les startups en fonction des attentes et besoins exprimés par les BU. De plus, les thématiques que nous portons sont en lien avec les grands enjeux stratégiques fixés par le Groupe (économie circulaire, connaissance client, réduction de l’impact carbone, etc.). Nous évitons ainsi le risque d’innovation « en silo ».

Vous avez récemment mis en place un partenariat de distribution clé avec la startup Dress in the City. Pouvez-vous nous en dévoiler les rouages ?

Dress in the City est un concept omnicanal de vide-dressing à la fois physique (notamment au sein des centres commerciaux d’Unibail-Rodamco) mais aussi en ligne. Unibail-Rodamco a permis à la startup de monter significativement en puissance : nous avons financé leur développement, mis des espaces à leur disposition et les avons accompagnés au quotidien sur leurs problématiques opérationnelles.

S’agit-il seulement d’explorer une nouvelle idée ou ce projet revêt-il une importance plus stratégique pour le Groupe ?

Ce projet comporte un enjeu majeur de transformation des modes de consommation. Pour Unibail-Rodamco, acteur historique de l’immobilier commercial B to B, ce premier pas dans le monde de l’économie circulaire est un véritable changement de culture ! Ceci dit, nous n’avons jamais de solution arrêtée en tête lorsque nous entrons en discussion avec les startups. Nous co-développons de façon itérative des solutions afin de trouver des cas d’usages adaptés à nos problématiques, que nous testons ensuite dans nos lieux avant de les industrialiser si le test est concluant.

Quelle équipe avez-vous mis en place pour cette initiative ?

Le montage d’un partenariat de distribution rassemble 3 éléments clés :

Quel bilan tirez-vous du partenariat avec Dress in the City ?

Nous sommes très satisfaits des résultats. Le chiffre d’affaires, la notoriété et tous les indicateurs de performance de Dress In The City ont significativement augmenté. Les stands ont déjà attiré plus de 250 000 visiteurs autour du concept de vide-dressing. En 2017, nous avons organisé une vingtaine d’événements dans une dizaine de centres différents. Nous avons ainsi créé une nouvelle base de données de clients sensibles à la consommation circulaire, et proposons un service innovant à l’ensemble de nos clients.

Obtenir des prises de parole et des communiqués de presse d’un membre du Comex, c’est une chose. Mais comment êtes-vous parvenu à l’impliquer au niveau de projets ?

Cela s’est fait naturellement, de manière organique : l’entreprise évolue vers des modes de plus en plus collaboratifs. Unibail-Rodamco a d’ailleurs inscrit son entrée dans l’économie collaborative dans son ambition stratégique “Better Places 2030”, visant à la fois à réduire significativement l’empreinte carbone de nos activités ainsi qu’à maximiser l’impact social de nos centres de shopping. Dans cette optique, nous avons mis en place un Innovation Board qui rassemble autour d’une même table le top management, les directeurs de BU et les porteurs des projets d’UR Link. Les échanges se sont rapidement intensifiés pour devenir réguliers : c’est le gage de la réussite de notre politique d’innovation.

Quels conseils pour les équipes qui souhaitent monter de tels projets d’innovation ouverte ?

Si possible (si elle existe), passez par une structure extérieure au cœur de métier.

Embarquez et sensibilisez le top management à vos problématiques (ce sont aussi les leurs !).

N’oubliez pas de former les chefs de projets des BU à la culture et à l’écosystème des startups afin de faciliter la rencontre de ces différents modes de travail.

Connaissez votre marché et choisissez les bons partenaires !

Et surtout, fixez-vous une vision et des objectifs à long terme mais restez flexibles quant aux moyens pour y parvenir.

Autres études de cas
Company Logo
L'Open Innovation comme leitmotiv
Lire l'étude de cas
Company Logo
Savoir nouer des partenariats est un état d’esprit, pas une formule
Lire l'étude de cas