Études de cas — Processus d'achat
Relation Achats - Startups : un projet commun orienté Client
Études de cas — Processus d'achat
Legrand

Relation Achats - Startups : un projet commun orienté Client

Karine Alquier Caro

Directrice des Achats Groupe

 

 

 

 

 

Pierre Laroche

Directeur Recherche & Technologies

“Ne passez pas trop de temps sur vos cahiers des charges, foncez, testez, expérimentez. Vous pouvez aller plus loin que vous ne pensez.”

L’état d’esprit du conseil que vous partagez avec nous – plus haut – est plutôt, disons, inattendu, de la part d’un grand groupe. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Pierre Laroche : De nombreux départements Recherche et Développement parlent d’appliquer les méthodes et l’état d’esprit “agile” inspirés des startups au marketing, à l’IT, au développement produit. Les achats n’y sont pas étrangers non plus ! Les collaborations récentes de Legrand avec des startups en early stage nous ont bousculés dans nos modes de fonctionnement. Elles nous ont fait remettre en cause les processus habituels de sélection des fournisseurs, et nous ont ouvert les portes d’une nouvelle manière de travailler, plus flexible.

Pourriez-vous partager avec nous un exemple où vous avez testé cette approche d’achats « agiles » ?

Karine Alquier Caro : Un partenariat qui nous semble mériter d’être mis en avant est celui du site Legrand-Pyrénées, pour le projet Axiom 2 avec la startup Arpinum, pour développer un système de sécurité connecté. Pour nous, ils ne travaillent pas comme des sous-traitants, mais bien comme des membres de l’équipe projet. Ce qui veut dire qu’avec Arpinum, nous travaillons plutôt sur une base de confiance que de contractualisation. Donc pas de cahier de charges, mais un partage de la vision du produit et des commandes suivant les itérations.

Comment cela s’est-il passé exactement ?

PL : Nous avons donné les moyens aux équipes de développement et d’industrialisation d’échanger étroitement, durant un processus de déploiement continu. Concrètement, nous avons raccourci les cycles de feedbacks avec parfois plusieurs livraisons par jour. Ces versions, incrémentales, fréquentes, et consolidées en une nouvelle version tous les mois, nous ont permis de tester les hypothèses directement auprès des utilisateurs basés en Australie, de partager l’avancement avec les parties prenantes à tout moment, et de s’éloigner des recettes trop “contractuelles”, qui peuvent devenir source de conflit.

Ces processus détonnent avec la façon conventionnelle de mesurer l’avancement d’un projet dans un grand groupe. Quels défis avez-vous dû relever en adoptant cette nouvelle façon de travailler ?

KAC : Au global, un des challenges a été de ne pas suivre nos process internes classiques et de faire accepter le fournisseur malgré tout. Il n’entrait pas vraiment dans nos critères habituels ! Le vrai défi, concret : Débuter la relation sans cahier des charges. Cela a remis en cause les processus classiques de sélection des fournisseurs, dès le départ. Dans une certaine mesure, je pense que le plus difficile est d’arrêter de se focaliser sur la mesure de l’avancement du projet, et d’essayer de le faire (vivre !).

Comment évalueriez-vous les résultats de cette collaboration avec Arpinum ?

PL : Le premier résultat visible : une équipe projet qui est très engagée et motivée, plutôt que stressée. Beaucoup d’échanges, de communication, beaucoup d’entraide et de bonne humeur, et une meilleure compréhension des préoccupations des autres. Donc au global : un projet qui avance bien. Au final, la solution issue du projet Axiom 2 va sortir en temps et en heure, et la satisfaction client a été évaluée au fur et à mesure du développement afin que le produit corresponde bien aux attentes du marché. Aujourd’hui, nos partenaires Arpinum disent de nous : “On partait de loin, mais on a réussi à se trouver”.

Quelle suite pour les achats « agiles » chez Legrand ?

KAC : Maintenant, il faut transformer l’essai. Nous devons travailler en interne afin de passer du “donneur d’ordre” à “l’innovateur”. C’est à dire : fournir la vision “Solution client” et pas une vision “Processus projet”, et passer de la spécification à la collaboration. L’équipe Axiom 2 de Legrand Pyrénées a servi de “laboratoire” pour expérimenter une nouvelle organisation en terme d’équipe projet. Ces méthodes se déploient progressivement sur les autres périmètres, notamment à Limoges, siège du Groupe Legrand.

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